Henri Genès
Henri Genès est venu à Ath en 1988 dans "Quatre Jours à Paris" de F. Lopez

Henri Genès, disparu le 22 août 2005, était un méridional bon teint. Né le 2
juillet 1919 à Tarbes, il a fait ses études au lycée de la Ville tout en
s’intéressant au rugby (il jouait deuxième ligne) et à la chanson. Il remporta
régulièrement des concours d’amateur dans sa région natale avant de décider de
devenir professionnel malgré les réticences de son père qui aurait voulu le voir
devenir professeur de latin.
Son bac dans la poche, il part en
vacances à Hossegor où, avec une bande de copains, il participe à des spectacles
de variétés. Sa première spécialité : comique troupier.
Il est
remarqué par le baryton Robert Jysor qui se rend à Tarbes pour demander à M.
Chaterret père de ne pas contrarier un talent si prometteur.
Ses
débuts sont retardés par la déclaration de guerre. Il reste trois ans sous les
drapeaux. Il s’installe alors à Paris où il débute au théâtre. En même temps, il
se produit dans plusieurs cabaret dont « Tonton » et au music-hall. On le
rencontre dans plusieurs établissements de la région parisienne (il partage
parfois l’affiche avec Bourvil), puis à Pacra, enfin à Bobino où Jacques Hélian
et son orchestre tiennent la vedette.
Il devait d’ailleurs écrire plusieurs chansons pour ce
dernier dont « Joséphine » ou pour son propre compte : « La tantina de
Burgos ».
Il continue le tour de chant, se spécialisant dans la
chanson comique parfois exotique (« Le facteur de Santa-Cruz »).
Il
est en tournée à Casablanca lorsqu'un télégramme lui demande de rentrer en
métropole pour créer Quatre jours à
Paris (rôle de Nicolas, 1948). C’est lors des répétitions de cette opérette
qu’il rencontre celle qui sera souvent sa partenaire sur scène et à l’écran et
sa compagne à la ville : Jeannette Batti. Avec cette dernière, il créera en 1949
Monsieur Bourgogne également de
Francis Lopez. Puis L’école des femmes
nues de Henri Betti (1950).
Ray Ventura l’engage pour 5 films :
La petite chocolatière (1949), Nous irons à Paris (1949, une des rares
réussites du cinéma musical français de cette période), Pigalle Saint-Germain-des-Prés (1950),
Nous irons à Monte-Carlo (1951) et Femmes de Paris.
Au cinéma,
on le verra encore dans Les amants de
Bras-Mort (1950, auprès de Nicole Courcel), La reine Margot (1954, auprès de
Jeanne Moreau), Trois de la Canebière
(1956) et Trois de la Marine (1957)
auprès de Marcel Merkès.
En 1958, il crée Coquin de Printemps de Guy Magenta
(Européen) mais, devenu paralysé de la face, il doit céder la place à Fernand
Sardou.
Enfin rétabli, il repart courageusement en commençant par le
tour de chant. Sa santé s’améliorant encore, il assure une tournée de Coquin de printemps. Il créera encore
dans la capitale Cristobal le
magnifique de Lopez (1963).
En opérette, sa carrière se
poursuivra en province où il interprétera La route fleurie et Mam’zelle Nitouche. Il créera ensuite Viva Napoli ! auprès de Rudy Hirigoyen
(Lille, 1969) puis plus tard C’est pas
l’Pérou de Jack Ledru (Lille, 1976).
Plus tard encore, il
inscrira à son répertoire le rôle de Bistagne dans L’auberge du Cheval Blanc et celui du
curé dans Méditerranée.
On
le retrouve au cinéma dans Le Corniaud,
La Grande Vadrouille et la plupart des films interprétés par Louis de Funès.
Bien plus tard ce sera Le provincial
auprès de Roland Giraud. À la Télévision, il obtient de bons rôles dont Nans le Berger et Fini de rire fillette.
Au
théâtre, il interprètera Le marché aux
puces et Les Coucous, sa
partenaire étant une fois encore Jeannette Batti.
Une carrière bien
remplie, un talent d’amuseur certain, même s’il ne faisait pas toujours dans la
dentelle. S’il n’a pas accédé à une notoriété comparable à celle de Bourvil ou
de Louis de Funès, Henri Genès a connu un succès indiscutable tout au long d’une
carrière où sa truculence méridionale a pu s’épanouir librement.
Jean-Claude Fournier
Anao, tous droits réservés
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