Karl Millöcker
(Vienne, 1842 - 1899)
Karl
Millöcker (Vienne, 1842), au même titre
que Franz Suppé, peut être considéré comme le successeur
de Johann Strauss. Son Bettelstüdent
(traduisez L'Etudiant pauvre ou Le Prince
vagabond, au choix)
est cependant de 1882. De ses douze opérettes allant de 1879 à
1896, celle-ci seule, d'après un vaudeville de Scribe, devait avoir un
écho outre-frontières : en 1883, Berlin l'applaudissait pendant
une longue année ; et en 1891, Paris au Vaudeville, une longue saison.
Enfin, à ce Bettelstüdent
échut aussi
l'honneur d'entrer, en 1936, à l'Opéra de Vienne.
Devenu en 1869, comme Franz Suppé, chef d'orchestre au Theatre An der Wien, Millöcker donnait encore une Grafin Dubarry (1877) ; une Jungfrau von Belleville (1891), d'après Paul de Kock ; un Gasparone (1895) ; un Arme Jonathan qu'Albeniz lui-même ne méprisa pas de compléter en 1893 ; un Nordlicht (1896) enfin. Et cette Lumière du Nord marquait le dernier rayon de son talent. Il ne devait jamais retrouver l'inspiration de son Bettelstüdent dont le " Ach ! Ich hab ja nur auf die Schülter gekust " fut une de ces mélodies qui restèrent longtemps sur tous les pianos, qui vécurent longtemps sur toutes les lèvres. Elle y était encore lorsqu'à la fin du siècle, en même temps que lui, le 31 décembre 1899, son auteur disparut.
D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)