Irving Berlin
Fils d'un chantre de synagogue russe, Israël Izzy Balin, qui s'est fait appeler Irving Berlin, naquit à Timun (Sibérie), mais il avait à peine quatre ans quand un pogrom exila ses parents en U.S.A. et c'est à partir de cet âge-là pourrait-on presque dire, qu'il fit tous les métiers. Son premier "job" fut sans doute la mendicité musicale dans les rues, avant qu'il la pratiquât un café de Chinatown. C'est là qu'il écrivit sur une seule portée la musique qu'il jouait avec un doigt : certain "Spring Song" accommodant en rag-time la Chanson de Printemps de Mendelssohn ; puis tout de suite après cet "Alexander Rag time" qui n'était pas sans rappeler d'assez près un coon-song de Harry von Tilzer : "Alexander dont you love your baby no more." Un million d'exemplaires vendus font de lui le roi du genre. C'est lui qui, pour la Guerre de 1914, écrira Yip, Yip, Yaphank, tandis que l'autre guerre, celle de 1939, lui inspirera This is The Army, tout cela devant compter bien peu à côté de Annie get your gun, qui, avec deux "provocativ songs", "l'm and Indian too" et "The girl that l married", à moins que ce ne soit avec les deux chansons "risqué" : "You can get a man whith a gun" ou "They say it's wonderful", devait devenir pour l'Europe et l'univers Annie du Far West. Cette histoire, authentique, paraît-il, d'Annie Oakey et de Franck Butler que le métier sépare — la première est star chez Buffalo Bill et le second vedette chez son concurrent Bill Pawnee — mais que l'amour finira par réunir, cette histoire avait été offerte à Kern qui l'avait jugée sans intérêt. Hammerstein devait la repasser à I. Berlin, qui en fit "The richest and most varied score ever written".
D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)