Ganne, Louis
(Buxières-les-Mines, 1862 - Paris, 1923)
D'abord élève du lycée de Vanves (lycée Michelet) où il est le condisciple d'Alain et du musicologue Paul Landormy, et où il tient l'orgue de la chapelle, Louis Ganne fait ensuite ses études au Conservatoire de Paris sous la direction de Dubois et de César Franck. Comme bien d'autres, c'est par la chanson qu'il débuta, et de circonstance : La Czarine fut populaire; la Marche lorraine l'est encore. Après de petits ballets aux Folies-Bergères et de petites opérettes - La Source du Nil (1882), Merveilleuses et Gigolettes (1894) aux Folies et, au Casino de Paris, L'heureuse Rencontre (1892), Rabelais (1892), Les Colles des femmes (1893) et Cythère (1900) - il devait en donner une grande en adieu du siècle : c'est le 30 décembre 1899, que ses Saltimbanques dressaient le chapiteau de leur Cirque Malicorne sur la scène de la Gaîté. Parade. Boniment. Acrobatie. Pistons de barrière et pleurs vite séchés d'une Margot que Mignon, depuis longtemps, faisait pleurer, car la Suzon de l'histoire n'est pas sans lui ressembler. Deux pages populaires entre toutes: "Va, gentil soldat" et "C'est l'amour qui console le pauvre monde ". " Ainsi l'eau musicale, populaire et sentimentale, jaillit-elle d'un puits banal et la vieille formule ne meurt pas ", disait Robert Kempf à propos d'une œuvrette ressemblant à celle-ci comme goutte d'eau à une autre.
D'une eau certes plus pure, Louis Ganne donnait, en 1906, un petit conte bleu suivant Maurice Vaucaire: Hans, le Joueur de Flûte ; ce joueur étant le légendaire virtuose à galoubet purgeant la ville Milkatz non de ses rats mais de ses souris blanches. Morceau choisi : " Vous n'êtes plus, pauvres poupées".