Richard Genée
(Dantzig, 1823 - Vienne, 1895 )
Né à Dantzig, en 1823, R. Genée fut chef d'orchestre à Reval, Riga, Cologne, Aix-la-Chapelle, Dusseldorf, Mayence, Schwerin, Amsterdam, Prague. Où encore ? Mais à Vienne, de 1868 à 1878 ; il y disparaissait en 1895. Ainsi ses opérettes sont-elles d'un peu partout : de Dantzig son Geiger von Tyrol (1857) ; de Schwerin son Musikfeiner (1862), de Mayence sa Rosita (1864), de Berlin son Seekadett (1876). Et ce serait aujourd'hui la plus connue de ses œuvres s'il n'y avait Nanon, die Wirtin von goldene Lamm (1877), dont le succès fut tel, avec ses trois cents représentations qu'il décida d'une française Nanon, l'Hôtesse du Mouton-d'Or. Mutatis mutandis : sa popularité, Genée pouvait l'assurer autrement que par sa musique. Tel Boïto, il fut, pour lui et pour d'autres, librettiste : on lui doit une bonne douzaine de livrets originaux et autant de traductions. Ainsi est-il le véritable introducteur des Offenbach et des Lecocq en Europe centrale. Faisant tandem avec F. Zell, pseudonyme de Camillo Walzel, c'est lui qui donna son meilleur livret à Millöcker (Der Bettelstudent), ses deux meilleurs à Suppé (Fatinitza et Boccaccio). Et si ce ne sont point les meilleurs qu'il donna, avec ce Zell, à Johann Strauss (Der lustige Krieg, Eine Nacht in Venedig et Cagliostro in Wien), c'est du moins lui qui, en collaboration avec Haffner, lui donna le prétexte-chef-d'œuvre de sa Fledermaus.
D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)