Jean Gilbert
(Hambourg, 1879 - )
Jean Gilbert naît à Hambourg, en 1879, mais ne prend que le temps d'y débuter, à quinze ans, comme pianiste ; dès cet âge-là, il se lance dans cette existence vagabonde où l'on s'essouffle à le suivre : suit-on le Cirque Hagenbeck où il est un instant chef de musique ? Mais avant on après, il est à Eberfeld, à Essen, à Dusseldorf, an Danemark et en Italie. 1927 le voit à Broadway ; 1933, à Vienne. Mais 1933 est l'année où il décide de quitter l'Allemagne. C'est à Londres et à Barcelone qu'on le retrouve, puis en 1939 à Paris, et en 1940, à Buenos Aires où il se voit décerner le Grand Prix de Musique argentine pour sa Chasta Suzanna laquelle n'est autre que cette Keusche Suzanne qui, en 1910, à Magdebourg, lui avait valu une sérieuse avance sur la gloire. Son sujet relève du vaudeville parisien (à noter qu'une Chaste Suzanne, de Beissier et Cieutat avait déjà été donnée... en 1894 !). Mais la musique est de celles qui ignorent parfaitement les frontières avec une de ces valses d'avance universelles.
Bien entendu, Jean Gilbert ne s'en tint pas à cette Suzanne. Entre Der Prim Regent (1903) à Berlin et Die Dame mit dem Regenbogen (1933) à Vienne, il faut au moins citer Die Kino-Königin (1913), Die Tangoprinzessin (1913), Wenn die Frühling kommt (1914), Aritonda (1916), Katja die Tanzerin (1923), Eine Nacht in Kairo (1928) et cent mélodies dont une douzaine sont ou furent sur toutes les lèvres germaniques, de "Püpchen du bist mein Augenstern" jusqu'à "In der Nacht wenn die Liebe erwacht".
J. Gilbert eut un fils, Robert, qui ne pouvait faire moins que d'écrire des opérettes comme musicien (la meilleure : Die leichte Isabell), encore qu'il soit surtout connu comme librettiste. Il est soixante livrets de lui. Le meilleur : Am weissen Ross'l. (L'Auberge du Cheval blanc)