Jacques Offenbach

Cologne, 20 juin 1819 / Paris, 5 octobre 1880.

 

Fils d'un cantor de la synagogue de Cologne, Offenbach apprend le violoncelle avec sa mère (il écrira ses premières pièces pour cet instrument). Envoyé par son père à Paris en 1833, il est engagé l'année suivante dans des orchestres d'opéra-comique. Ses premières tentatives dans le domaine de l'opérette restent sans succès (Pascal Chambord, 1839), et l'on retrouve Offenbach chef d'orchestre à la Comédie-Française, où il anime les entractes. En 1855, il prend la direction d'un petit théâtre qu'il baptise Les Bouffes-Parisiens, dans lequel il connaît ses premiers succès avec des opéras-comiques ou opéras bouffes en un acte : 24 pièces de ce style sont écrites en 3 ans.

Dans les années 60, Offenbach se consacre à des œuvres plus importantes qui assureront sa célébrité. Il fait appel à des librettistes dont la verve parodique se soucie peu de la vraisemblance de l'action, et laisse libre cours à son génie ironique et frondeur. De cette époque datent ses chefs-d'oeuvre, écrits sur des livrets de Henri Meilhac et Daniel Halévy : La Belle Hélène (1864), Barbe-Bleue (1866), La Vie parisienne (1866), La Grande-duchesse de Gerolstein (1868), La Périchole (1868). Offenbach est alors au faîte de sa carrière, sa renommée est considérable. La guerre de 1870 l'oblige à quitter Paris quelque temps. Il prend à son retour la direction de la Gaîté-Lyrique (1872) où ses œuvres sont représentées régulièrement. Mais le temps de l'opéra bouffe est bientôt révolu : en 1876, Offenbach, ruiné, abandonne le théâtre et entreprend une tournée aux Etats-Unis qui lui permet de rétablir sa situation. Dans les toutes dernières années de sa vie, le compositeur se tourne vers un autre genre et écrit, sur un livret des frères Barbier, une œuvre " sérieuse " qui sera créée en 1881 quelques mois après sa mort, et reste l'un des chefs-d'œuvre du XIXe siècle : Les Contes d'Hoffmann.

Le caricaturiste génial de la société du Second Empire qui sut s'entourer des talents propres à mettre en valeur son œuvre (les librettistes Henri Meilhac et Daniel Halévy, l'interprète Hortense Schneider) apparaît comme un grand musicien qui donna ses lettres de noblesse à l'opérette, et dont l'héritage se prolonge jusqu'à nos jours (comédie musicale).

 

Opéras bouffes, opéras-comiques.

Une centaine d'œuvres

 

Bibliographie

 

Pourvoyeur, Robert, Offenbach, Seuil, 1994, 254 p. (Coll. Solfèges).

Rissin, David, Offenbach ou le rire en musique, Fayard, 1980