Sigmund Romberg

(1887-1951)

Sigmund Romberg. — Encore que Hongrois (il était né à Szegred-sur-Tisza), S. Romberg fut à la vérité bien plus Viennois encore que S. Friml. Ingénieur civil, c'est comme tel qu'il était venu en Amérique, mais le musicien l'emporta bientôt chez lui sur le constructeur de ponts, aqueducs et ponceaux. D'abord accompagnateur en cafés à musique, il est, en 1912, chef d'orchestre au célèbre Bustanovy Restaurant et, en 1914, l'auteur de certaine Whirl of the World, "extravaganza" typiquement américaine ; jouée au Winter Garden, elle le lance. Entre une série d'extravaganzas-revues semblables données de 1914 à 1924, il glisse d'abord, en 1915, à l'adaptation d'une opérette viennoise à fond sentimental :The blue Paradise, qui marque d'avance son genre. Un certain Shubert (sans petit c) avait acquis les droits de Das drei Mädlerhaus, mais jugeant la musique médiocre, la fit refaire par Romberg : sur des thèmes favoris du doux Franz, cela devint Blossom Time (1921). De Vienne à Heidelberg, il peut n'y avoir que les trois temps d'une valse : d'après Alt Heidelberg, The Student Prince (1924) faillit passer l'Atlantique. Les deux opérettes suivantes le passèrent, Nina Rosa (1930) et Desert Song (1929) : c'est en 1930 que ce Chant du Désert tenait l'affiche parisienne de Mogador. La critique de Broadway avait jugé que l'œuvre combinait "pageantry, romance, vitality and humour" avec certain lyrisme se haussant dans "One alone" jusqu'au "sharp pathetic". La critique parisienne, par contre, trouva qu' "avec ses mélodies liquoreuses, ravageuses, flagorneuses où la guimauve, le miel et la réglisse déguisaient l'âcre cantharide", ce Chant du Désert "représentait une Shéhérazade de marché aux puces". A noter cependant qu'aux U.S.A., son succès n'atteignit point celui de The new Moon (1928) et que celui-ci devait encore être dépassé par Up in Central Park (1945). The new Moon exploitait une fois encore la poésie du New-Orleans du XVIIIe, tandis que Up in Central Park ramenait à la nostalgie du New York d'avant 1870. Son " April Snow " est resté populaire.

Le dernier ouvrage de Bomberg fut, en 1948, My Romance. Entré vivant dans la gloire, certains bons esprits de là-bas étaient tout prêts à le croire le contemporain de Strauss, de Suppé et d'Herbert. Lui-même se définissait " only a sentimentalist ".

 

D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)

 

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