Hans le joueur de flûte
Opéra-comique en trois actes
Livret de Maurice Vaucaire et Georges Mictchell
Musique de Louis Ganne
Première représentation à Monte-Carlo le 14 avril 1906

Acte I
En Flandres. Dans la ville imaginaire de Milkatz, il y a bien longtemps. Le jour va se lever, la garde a fait sa dernière ronde.
Pippermann, le bourgmestre, s'impatiente : Guillaume le portier de l'Hôtel de ville, n'est pas encore là et le conseil des échevins ne peut se tenir. Lisbeth, la fille du grincheux, le prie d'excuser le retardataire, marié de la veille. Yoris le poète, proteste contre l'égoïsme d'une bourgeoisie qui ne pense qu'à ses récoltes, qui lui ont apporté la richesse. Il évoque les jolies poupées dont la production faisait autrefois la gloire de la cité. Fidèle à la tradition, il a fabriqué l'une de ces figurines et veut l'exposer à la Mairie ; il la montre fièrement à Guillaume et Ketchen enfin arrivés : c'est le portrait de Lisbeth - il est follement épris de la jeune fille et l'a fait savoir à l'élue de son coeur par une lettre enveloppant un petit pain. C'est alors que paraît un inconnu, Hans, qui vante ses souris grises et blanches au grand effroi de Yoris : comment, en effet, chanter les louanges de tels animaux dans un pays dont le blé est l'or, jalousement gardé par une multitude de chats ?
Qui est Hans ? Venu d'un pays lointain, sa flûte magique lui permet de dominer "le roi dAngleterre et le roi de Chine". Pour punir les citoyens de Milkatz de leur manque de générosité, il attire, au son de son instrument, tous les matous qu'il noie dans la rivière tandis que les souris se répandent dans le pays, et qu'il entraîne malgré eux les bourgeois dans une valse folle.
Acte II
Le bourgmestre, excédé et terrorisé par les événements du jour, en fuit porter la responsabilité à Yoris et ordonne son arrestation. Le poète refuse de trahir Hans, même lorsqu'on le menace du bûcher. Lisbeth finit par avouer qu'elle est amoureuse du jeune homme et non du grotesque Van Pott, auquel l'a promise son père. Pippermann propose un marché à sa fille : qu'elle dérobe la flûte magique sinon son amoureux sera mené au supplice. Malgré sa honte, elle obéit. Hans, est-il besoin de le dire, se laisse faire ; il est capturé et enfermé à la Tour du Midi. Mais, entre les mains des bourgeois, l'instrument se révèle inefficace : les souris ne quittent pas la ville et les catastrophes s'accumulent. Il faut se résoudre à libérer le magicien et à l'accueillir avec les honneurs qui lui sont dûs. Tout aussitôt, il pose ses conditions : Yoris sera relâché, le concours de poupées sera rétabli et lui-même recevra un jouet de son choix. En échange, il débarrassera Milkatz des bestioles inopportunes et ne.fera plus danser les honnêtes gens sans leur consentement. La population tout entière est en liesse.
Acte III
Voici venu le jour de la fête et du concours de poupées, Lisbeth se désole : son père, sous ses faux-airs d'artiste, n'est qu'un marchand et ne la laissera jamais épouser un idéaliste même si, comme ce dernier s'empresse de l'avouer, il a étudié le commerce et les mathématiques. Pippermann se montre inflexible : Lisbeth est punie et n'assistera pas aux réjouissances. C'est l'oeuvre de Yoris qui remporte le prix. Hans réclame son dû : c'est celle-là qu'il veut, au grand dam de l'artiste. Mais que Yoris ne s'inquiète pas car, aussitôt en possession de son bien, Hans le lui offre et demande au bourgmestre d'unir la poupée et le poète, ce qui est fait dans l'hilarité générale. Le père rigoureux, qui s'était prêté à la comédie, déchante en s'apercevant que le soi-disant jouet n'est autre que Lisbeth en personne. Heureusement, Hans est là pour que tout se termine bien. Mais il doit repartir car, sous d'autres cieux, d'autres amoureux l'attendent.
D’après Michel Parouty
Tous droits réservés